Dimanche 19 juin 2005

 

Comme je suis en vacances, je me dit qu'il faut vraiment que je me remette au dessin mais également à l'écriture. J'ai pas mal d'idées de nouvelles qui me trottent dans la tête depuis quelque temps. Certaines n'aboutiront à rien je le crains, mais je pense qu' une majorité de mes idées pourront évoluer et finir par aboutir à des textes intéréssants (tout du moins je l'espère).

 

Je crois que dans pas longtemps je vais me lancer dans l'écriture d'une nouvelle se déroulant à Prague et concernant une vieille boutique de marionettes (une histoire sombre voir horrible). Pour le moment j'essaye de trouver le maximum de renseignements sur la ville, mais je pense qu'elle ne sera pas achevée avant mon propre voyage dans la capitale Tchèque qui devrait se dérouler lors de la deuxième moitié du mois d'août.

 

Dans ce type de travaux je suis aussi méticuleux à l'écrit que lorsque je dessine, j'adore ponctuer mes travaux de détails, et travailler des plans comme s'il s'agissait d'un script ou d'un story board pour le cinéma.

par Aniballl publié dans : Nouvelles.
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Mercredi 16 février 2005

 

Et bien j'inaugure ce nouveau blog (qui remplace le LJ -je le souligne au passage-) en vous faisant parvenir une nouvelle qui date d'avril 2004.

bon elle est à remanier -et elle le sera- car en ce moment, j'ai comme perspective d'écrire pas mal de nouvelles fantastiques, d'horreur et psychologiques... peut être qu'un recueil se fera un jour (soyont utopiste pour une fois). ;)

 

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L’OMBRE BLANCHE


« Ce n’est pas en enfermant son voisin
qu’on se convainc de son propre bon sens. »

Dostoïevski, Journal d’un écrivain
1873-1881



Blanc. Tout est blanc ici, d’un blanc pur… mis à part cette ombre. La petite pièce est éclairée par une unique ampoule au plafond. Tel un œil brillant et lumineux, m’épiant continuellement du haut de mon tombeau. Cette lumière étincelante qui au départ me rassurait, était en réalité un engin de torture des plus machiavéliques. Elle a perturbé bien vite mes habitudes de sommeil en restant allumée continuellement jour et nuit. La notion du temps exact, m’a elle aussi bien vite quitté.
Ici, pas d’horloge, pas de montre… rien. Les seules cadences du mouvement du temps s’écoulant, je ne les ressens qu’à travers les quelques tours que je fais quotidiennement dans cette petite pièce et par les repas qui doivent arriver toutes les huit ou neuf heures selon moi.
« Repas »… c’est encore un bien grand mot pour nommer la gamelle que l’on me fait passer au travers de la petite trappe située au bas de la lourde porte. Cette gamelle contenant cette même bouillie immangeable que l’on me donne chaque jour, à la fois salé et sucré, amer et acide… est-ce végétal ou animal ? Impossible de le dire. On ne me donne même pas de cuillère pour le manger, ils auraient trop peur que je l’utilise pour mettre fin à mes jours. De toute manière, avec les bras empêtrés dans une camisole de force, je suis contraint de manger en lapant ma gamelle à la manière d’un chien ! Comme un animal en cage avec lequel on s’amuse avant de le laisser crever. Je ne peux même pas me suicider dans cet enfer blanc. Tout blanc, à l’exception de cette ombre tapie dans le coin. J’ai essayé de mettre fin à mes jours en me cognant violemment la tête contre les murs de la pièce, mais c’était perdu d’avance, car les parois sont matelassées tout comme la porte et le sol.
Pourquoi m’ont-ils enfermé ici ? Pourquoi ! Pour des futilités appartenant au monde extérieur dont j’ai bien vite été mis à l’écart. Depuis que je suis ici, beaucoup de souvenirs se sont évadés de ma mémoire. L’inactivité cérébrale est le bourreau du cortex humain, et le temps, l’arme qui annihile les souvenirs un par un jusqu’à leur disparition totale.
Le silence permanent est également une torture psychologique. Aucun bruit, aucun son ne parvient à traverser les épais murs de béton…. Rien. Et pourtant, pour la première fois depuis que je suis ici, quelque chose a fait du bruit. Un bruit étrange, à la fois rauque et sourd, produit par cette ombre qui continue à me narguer depuis plusieurs heures maintenant.
Dès l’instant où ils vous mettent ici, votre traitement est pire que celui d’un animal. Personne n’oserait enfermer un animal pendant des mois ou des années dans une pièce blanche, insonorisée tout en continuant à le nourrir. Lui, on le laisserait mourir rapidement. Moi on me nourrit pour que je ne meure pas et pour que je dépérisse mentalement à petit feu. Ici on ne soigne pas les gens comme moi, on prend des gens normaux afin de les rendre fous, définitivement fous. Peut-être pour qu’ils se rassurent de n’avoir pas enfermé un sain d’esprit qui pourrait les traduire en justice par la suite.
Mais en tout cas, il faut que je tienne. Ils auront beau me retenir ici dans cette prison blanche. Je ne cèderai pas à leurs procédés. Ils subiront le même sort que cette ombre en blouse blanche qui, il y a quelques heures, est venue dans cette pièce, après tout ce temps… et que j’ai étranglée avec la force qui me restait dans les jambes. Ils auront beau venir dans cette cellule, je ne bougerai pas. Je resterai là, éternellement, devant cette lourde porte de métal, désormais ouverte.

par Aniballl publié dans : Nouvelles.
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